Irlande 2026

Voyager seul

Août 3, 2026

Voyager seule, je l’ai presque toujours fait, depuis que j’ai décidé de partir à l’UCPA en 1996, si tant est que partir en club de jeunes pour aller faire du ski puisse être considéré comme voyager seul. C’est un peu comme la soirée où tu te pointes sans connaître personne, sauf que ça dure plus longtemps et que les occasions de parler aux gens sont plus nombreuses : après une nuit en train couchettes, la mayonnaise avec mes colocataires d’un soir avait pris à grand renfort de blagues et d’énigmes, jusqu’à passer toute la semaine ensemble et s’inviter aux mariages.

Il aura fallu attendre 2004 pour recommencer l’expérience, mais cette fois VRAIMENT seule : direction les Lofoten (Norvège) dans un Rorbu pendant 10 jours. Un voyage qui m’a pris comme une envie de pisser, certainement inspirée par un téléfilm à la con avec une maison au bord d’un lac où les gens boivent un dernier verre de vin blanc à la nuit tombée sur une terrasse aux grands fauteuils de jardin en bois illuminée par des loupiotes de guinguette. Un truc à la Virgin River, un peu.

Après, les destinations se sont enchaînées : Copenhague, Inde, Bali, NYC, Budapest, Grèce, et maintenant Dublin. Tout ça pour dire que si je dois attendre de trouver un mec (et encore, cela n’assure pas de ne pas voyager seul pour autant, cf ces 5 dernières années), des amis ou une amie ou un ami disponible pour partir avec moi au moment où je suis dispo et dans un endroit qui branche tout le monde, c’est pas gagné. Je l’ai fait et c’était très chouette, mais aujourd’hui il faut trouver ceux qui ne sont pas en couple pour pouvoir le faire. C’est moins simple. Voyager, c’est donc comme aller au cinéma : quand ça me prend, je mets Sherlock chez ma mère, je pars et après moi le déluge.

C’est donc seule que je suis partie en Irlande, et ça ne me pose pas de problème : de toutes façons, je suis quand même seule une bonne partie du temps, donc en fait ça ne change pas grand-chose. C’est juste qu’ici on parle anglais. Après, j’avoue que partager ce que je vis, débriefer, baver un peu sur les gens ou les habitudes, faire des soirées un peu sympas, ça me manque un peu, et, pour le coup, le fait d’avoir vu Jade la thailandaise à Dublin m’a fait beaucoup de bien (ainsi qu’à mon anglais). C’est aussi sans doute pour ça que je monte des blogs quand je pars : comme ça j’ai l’impression qu’on m’écoute.

Le problème aujourd’hui, c’est plus de rencontrer de monde. Quand je partais en sac à dos à l’autre bout de la planète, je rencontrais pas mal de gens : sans doute que l’âge et les conditions y étaient pour beaucoup, sans doute aussi que tout le monde n’était pas rivé sur son téléphone à l’époque (pour mon premier blog en Inde, j’allais dans un cyber café pour taper ce que j’avais écrit dans la journée sur mon carnet : on est loin du wifi partout d’aujourd’hui). Après, à l’autre bout du monde entre routards, les connexions se font plus vite, espaces partagés de guest houses ou d’AJ obligent. D’ailleurs, le seul moment où j’ai rencontré qqn jusqu’à maintenant ici c’est bien parce que l’appart de Trinity College comprenait 2 chambres. Parce qu’ici le problème est double maintenant : non seulement j’ai changé d’âge et de standing, mais en plus, dans les grandes villes occidentales, rencontrer du monde a toujours été beaucoup plus compliqué. Autant en Asie, tout le monde se parle naturellement, autant à NYC ou à Copenhague, il y a toujours une arrière-pensée qui traîne, en veille, et dont on se méfie, surtout quand est une femme. En Inde, j’ai déjeuné avec des types pendant 2 heures à nous raconter des tonnes de conneries et je ne les ai jamais revus. A Bali, j’ai pas mal bourlingué avec un allemand. Re-en inde, j’avais rencontré un couple de nanas suisses avec qui je suis restée en contact assez longtemps. A Lombok, j’ai à nouveau rencontré un suisse à qui j’ai filé ma couverture de survie puisqu’il partait faire le treck dont je revenais et qui nous a fait rentrer en contact : c’est en me voyant descendre les escaliers comme une vieille après 3 jours d’ascension qu’on a rigolé et parlé.

Tout ça pour dire qu’à la question « est-ce que tu as fait des rencontres ? » qu’on m’a récemment posée, je réponds que c’est quand même moins simple que quand j’étais minote à la plage et que je demandais aux autres minots si je pouvais jouer avec eux. Aujourd’hui, je suis pas sûre du déroulé de la suite avec ce genre de question…

Je fais d’ailleurs un aparté sur le sujet du voyage seul : j’ai l’impression que passé un certain âge aussi, ce sont surtout les femmes qui voyagent seules. Sans avoir les yeux en mode radar, je ne crois pas avoir croisé d’homme seul (on repère les touristes ici, quand même) de plus de 35 ans ici. Alors quoi ? Ils sont maqués et partent en couples ou en famille, ils ne partent plus s’ils ne sont pas au moins deux (et même là, ça m’a pas trop frappé)? Je vous laisse aves cette grande question sociologique que je ne manquerai pas de creuser en allant un peu plus dans les terres et la pampa irlandaise.

(Jour 4) La messe est dite

(Jour 4) La messe est dite

Je crois que pour la première fois de ma vie j’ai décidé d’aller à une messe de mon plein gré et pour autre chose qu’un mariage ou un enterrement… Enfin, si on oublie celles de Harlem où je cherchais davantage le folklore que le message et la messe Corse de la Major qui était super mais bien show of quand même.

(Jour 3) Saint Patrick & Collins Barracks

(Jour 3) Saint Patrick & Collins Barracks

Après une sacrée nuit commencée à 17h30 et finie à 8h30, départ pour Saint-Patrick après mon traditionnel café à l’appart. Ah je ne vous ai pas dit : les chambres sont exactement comme dans les collèges américains : deux chambres (qui ferment) qui se partagent une cuisine / salon et une salle de bains. Donc il y a largement de quoi se faire à manger et tout au moins de quoi prendre un café le matin.
Je suis cependant passée à la piscine du collège avant mon périple (soyons fous) et j’ai pris un vrai petit dej sur les tables extérieures du collège, non sans m’être fait avertir par le taulier du café qu’il fallait faire attention aux gabians, particulièrement agressifs. Tiens, ça me rappelle vaguement le Cercle…

(jour 2) Premiers pas à Dublin

(jour 2) Premiers pas à Dublin

Ce deuxième jour aurait aussi pu s’appeler « punaise c’est moche de vieillir », mais on ne va pas faire 10 jours sur le sujet, sinon ça va vraiment trop ressembler à « And just like that », la mauvaise suite de Sex and the City 20 ans plus tard. Quand je pense que j’ai pris mon maillot, mon bonnet et mes lunettes pour aller nager : qu’est-ce que je rigole…

(jour 1) Punaise, c’est moche de vieillir…

(jour 1) Punaise, c’est moche de vieillir…

Mon avion décollait à 16h30 : au moins, pas de stress au réveil, c’était déjà ça. Si c’est pas une réflexion de vieux, déjà, ça… Sauf que je me suis quand même réveillée à 8h30 pour boucler tout ce que j’avais à boucler et comme au final c’était pas grand-chose, ben c’était long. Mais il est passé où le temps où je torchais une valise en 10mn ? Est-ce que par hasard pour partir à 13h00, ca n’aurait pas valu le coup de faire une grasse matinée, à profiter que Le Chat ne me réveille pas à 5h pour aller chasser le rien sur la terrasse…

Terre brûlée au vent des landes de pierre…

Terre brûlée au vent des landes de pierre…

C’est à quelques jours de repartir en Irlande que je me rappelle la péripétie qu’a été mon premier voyage là-bas. C’est à quelques jours de repartir, là-bas, au Connemara, que je me rappelle la vaste blague que m’avait fait mon ingénieur commercial APC à l’époque.

Mais reprenons depuis le début : nous sommes en novembre 1996 et je suis chef de produit chez un grossiste informatique à Paris. Mon commercial APC (les onduleurs), François, m’invite au European Meeting machin à l’usine de Galway, en Irlande, donc.

Connemara – les préparatifs

Connemara – les préparatifs

Pour des raisons évidentes, je ne préciserai pas les dates de départ et d’arrivée, mais j’ai d’ores et déjà réservé mes vols et mes hôtels…