Irlande 2026
Terre brûlée au vent des landes de pierre…
C’est à quelques jours de repartir en Irlande que je me rappelle la péripétie qu’a été mon premier voyage là-bas. C’est à quelques jours de repartir, là-bas, au Connemara, que je me rappelle la vaste blague que m’avait fait mon ingénieur commercial APC à l’époque.
Mais reprenons depuis le début : nous sommes en novembre 1996 et je suis chef de produit chez un grossiste informatique à Paris. Mon commercial APC (les onduleurs), François, m’invite au European Meeting machin à l’usine de Galway, en Irlande, donc.
Pour la petite histoire, il se trouve que François et moi avons fait la même école de commerce et, histoires de Bureau des Elèves oblige, nous avions fait pas mal de fiestas ensemble quelque trois ou quatre ans plus tôt. Ceci explique sans doute cela, à savoir, la confiance absolue que j’allai placer en lui pour ce déplacement. Fin de la parenthèse.
Novembre 1996, c’est l’époque où l’argent coule à flot dans l’informatique, à ne plus savoir quoi en faire : Compaq fait gagner des Ferrari aux commerciaux des grossistes. Si tu ne fais pas une croissance à deux chiffres, t’as raté ta vie. Je ne fais plus le compte des voyages complètement dingues que je fais ces années-là (Finlande en Ski-doo, Maurice, iles vierges en Catamaran, Carnaval à Rio…). C’est l’escalade aux concours, aux blitz, aux chèques cadeaux à gagner… et on n’hésite pas à organiser des grands raouts européens, pour la plupart complètement inutiles. Autant vous dire que l’ambiance n’est plus la même depuis et que le temps où je comptais lesdits chèques cadeaux par paquets de 10.000 euros sur mon bureau sont aussi loin que la dernière fois où l’OM a fait quelque chose de sa saison.
Mais revenons à nos moutons, c’est le cas de le dire : je jour J, à l’heure H, nous nous retrouvons à l’aéroport, pour décoller sur Aer Lingus, direction Galway avec escale à Dublin. François se fait refouler au comptoir d’embarquement pour cause de passeport plus à jour, mais pas décontenancé pour autant, il me fait monter dans l’avion, à grands coups de « T’inquiète c’est pas la première fois, j’arrive ».
Je m’installe donc à bord, attends et finis par aller voir une hôtesse juste avant le décollage pour lui expliquer ce qui était en train de devenir un problème dont elle n’a absolument pas entendu parler.
L’avion décolle. Sans mon François. L’avion atterrit. Sans mon François non plus. Et je me précipite au comptoir Aer Lingus de Dublin : il m’aura forcément laissé un message. Nope.
J’embarque donc dans mon deuxième avion de la journée : le type d’appareil tellement petit qu’on se demande s’il fonctionne à piles ou à l’électricité (encore que depuis que j’ai appris qu’il y avait des drones filaires avec 50km de rallonge, je me dis maintenant que c’aurait été possible…). L’arrivée à Galway est magnifique : des champs entiers des moutons avec des marques bleues, d’autres avec des marques orange et encore des moutons qui se repaissent tranquillement dans la lande de pierre autour des lacs (c’est pour les vivants) entre deux petits murets de pierre. Et à perte de vue, du vert, du vert et encore du vert : les nuages noirs qui viennent du nord n’ont pas encore coloré la terre, les lacs ni les rivières.
A la sortie des bagages, je vais à nouveau au comptoir Aer Lingus et n’ai pas beaucoup plus de chance que les deux premières fois. Sans doute que là-bas, au Connemara, on sait tout le prix du silence… Je me dois donc de faire un état précis de la situation : me voilà à Galway, trou du cul du monde, sans savoir qui contacter. Enfin si, mon interlocutrice à l’usine, mais vous pensez bien que je n’ai pas son numéro sur moi et quand bien même, le prix à la minute du téléphone à cette époque ne permet pas d’envisager l’idée. Sans savoir où aller. Enfin, si, à l’usine, dont je n’ai pas l’adresse et en 1996 les forfaits data n’existent d’autant moins que le smartphone n’a pas encore été inventé. Un peu d’enfer, le Connemara.
Le hasard décide cependant d’enfin me sourire : en cherchant la sortie, je vois un type avec une pancarte APC en train d’en accueillir un autre. Je m’approche d’eux et leur explique ma situation. Mazel Tov : nous partons tous les trois à l’usine et je me retrouve à parler allemand à un suisse qui, lui, a décidé de me répondre en français. Et je me demande encore aujourd’hui si c’était pour pratiquer son français, me faire plaisir, ou me faire subtilement remarquer que mon allemand était à chier (si tant est qu’un suisse puisse être subtil).
Une fois à l’usine, je retrouve mon contact à qui j’explique par le menu que vous venez de lire. Après une mini-réunion, s’en suit une visite de l’usine dont je ne me rappelle que l’odeur des frites au vinaigre quand nous passons par la cantine et je finis par monter dans un car, comme tous les autres, direction l’hôtel pour nous poser deux secondes avant de repartir faire la fiesta le soir. Ouf.
Enfin, ouf, si seulement … : à la réception de l’hôtel, je m’entends dire qu’il n’y a pas de réservation à mon nom. En même temps, c‘aurait été dommage que quelque chose fonctionne aujourd’hui. C’était si bien parti… J’apprends quand même que nous sommes répartis sur deux hôtels. Et que l’autre hôtel n’est pas loin : me voilà donc à la nuit tombante, mon gros sac sur l’épaule, dans une ville que je ne connais pas et pas très rassurée. Non pas que cette partie du comté du Connemara qu’est Galway soit craignos (je pense que le taux de délinquance doit y avoisiner celui de la Suisse) mais la ville est surtout la base arrière officielle de l’IRA et 1996 c’est l’année de la reprise des attentats après le cessez-le-feu de 1994.
La bonne nouvelle, ou plutôt les bonnes nouvelles, c’est que 1/ le fameux hôtel n’est vraiment pas loin et 2/ le fameux hôtel a bien une réservation à mon nom. Deux bonnes nouvelles d’un coup, dans cette journée, c’est inespéré. En revanche pour ce qui est de mon François, je continue de me brosser, Martine. Peu importe : j’ai un début de programme dans ma chambre et je m’installe, le temps de prendre une douche, me poser 5mn et retrouver les autres dans le hall pour partir dîner dans un pub. Sans François. Mais entourée d’italiens grâce auxquels je ne suis pas la seule à boire du vin dans ce pub.
Plus tard dans la soirée, entre la fin du pub pour manger et le début du pub pour boire, je tombe sur mon François qui a enfin réussi à embarquer.
Le reste du voyage se passe plutôt bien à deux détails près : d’abord, au petit dej du lendemain, un responsable des ventes Europe, un hollandais, me branche avec son ordinateur sur les achats en cours, alors que je n’ai même pas bu mon café ni fumé ma clope (je vous ai pas dit qu’on était en 1996 ?). Pas un peu fatchigué, lui ? Enfin, le programme prévoit une après-midi de kart indoor et une journée de visite au Connemara. Je vous laisse imaginer quel jour il fera beau.
Tout ça pour dire que nonobstant la confiance absolue (trop absolue donc) en mon François, tout s’est bien passé et j’ai trouvé le Connemara suffisamment beau pour que j’aie envie d’y retourner 30 ans plus tard puisque là-bas, au Connemara, on dit que la vie, c’est une folie (et que la folie, ça se danse).
(Jour 13) Marseille : voilà, c’est fini…
Irlande 2026On a commencé avec ça, on finira avec ça : je confirme que c’est moche de vieillir ... Car pour un vol à 12h20 j’avais prévu de partir à 9h07 de Dublin centre, et pour avoir le Dublin Express de 9h07, j’étais partie à 8h30 de l’hôtel. Et pour partir à 8h30...
(Jour12) Dublin : baby come back
Irlande 2026Allez, la fin est proche : départ pour Dublin via Galway à 11h15 avec une grosse dose d’optimisme quand même : puisque mon bus arrivait à la gare routière à 12h48 pour un train qui partait à 13h05 de la gare physique et, même si les deux ne sont pas loin,...
(Jour 11) Connemara : it’s raining again
Moins qu’hier, a priori mais il tombe cette bruinasse dégueulasse comme à Paris, qui ne sert strictement à rien à part emmerder les piétons, les touristes, les randonneurs, les ouvriers du bâtiment, les mecs de la DDE et les terrasses de cafés. Niveau pouvoir de nuisance, on est proche du moustique, quand même.
(Jour 10) Letterfrack & Kylemore abbey : toute la pluie tombe sur moi
Toute la pluie que je n’ai pas eue depuis le début tombe sur moi aujourd’hui et de me rendre compte à quel point j’avais été épargnée jusqu’à présent. Depuis ce matin, il pleut comme mouton qui pisse (on s’adapte) ou, comme on dit en anglais : il pleut des chats et des chiens (it’s raining cats & dogs).
(Jour 9) Clifden : on avait dit tranquille…
Aujourd’hui, on se calme. Repos. Enfin, repos, j’me comprends : on s’énerve pas trop quoi. Un tour dans Clifden, une petite balade sur la sky road et basta. Spoiler : tu parles…
(Jour 8) Aran Islands : la croisière s’amuse
J’ai quitté l’hôtel assez tôt (enfin, tôt, 8h) pour déposer ma valise à la gare routière, acheter un casse-dalle pour midi et un roll pour un petit dej ultérieur au cas où il n’y aurait rien à bord. C’est donc fortement en avance que je suis arrivée au quai d’embarquement puisque tout est à 10mn de tout ici…
(Jour 7) Galway : dès que le vent soufflera…
Réveil tardif après les 12km d’hier, donc j’ai décidé de la jouer cool aujourd’hui, d’autant qu’en termes de trucs à voir, m’est avis que j’avais fait le tour… J’ai donc attaqué un petit dej et là, y’avait urgence, vu le lointain souvenir qu’était le cinnamon roll de la veille au matin…
(Jour 6) Galway sous la pluie et le soleil
C‘est un orage qui m’a réveillée, dites-donc… Qui n’a certes pas duré, heureusement, mais qui a laissé des petites derrière lui toute la journée. C’est donc sous une petite pluie que je suis allée réserver mon trip sur les îles d’Aran (enfin, surtout Inishmore) pour le jour de mon départ. En attendant j’ai décidé de balader dans Galway : musée, suivre le trajet du Hop-on hop-off qui n’a pas l’air bien long et pas d’un intérêt de dingue puisqu’à part longer la côte, il fait le tour d’un golf et d’un camping… Et finir avec la Cathédrale.
(Jour 5) Là-bas au Connemara…
La journée a failli tourner au drame lorsque je me suis aperçue que le chargeur de téléphone ne fonctionnait pas et me laissait avec 11% de batterie. Sauf qu’en testant toutes les prises de la baraque, il ne s’agissait pas tant d’un problème de chargeur que d’électricité, plaques électriques et lumières exceptées. Allons bon, non seulement je n’allais pas pouvoir me prendre un café avant de partir mais en plus mon billet étant sur mon téléphone, ça risquait de devenir compliqué pour prendre un train.
(Jour 4) La messe est dite
Je crois que pour la première fois de ma vie j’ai décidé d’aller à une messe de mon plein gré et pour autre chose qu’un mariage ou un enterrement… Enfin, si on oublie celles de Harlem où je cherchais davantage le folklore que le message et la messe Corse de la Major qui était super mais bien show of quand même.
(Jour 3) Saint Patrick & Collins Barracks
Après une sacrée nuit commencée à 17h30 et finie à 8h30, départ pour Saint-Patrick après mon traditionnel café à l’appart. Ah je ne vous ai pas dit : les chambres sont exactement comme dans les collèges américains : deux chambres (qui ferment) qui se partagent une cuisine / salon et une salle de bains. Donc il y a largement de quoi se faire à manger et tout au moins de quoi prendre un café le matin.
Je suis cependant passée à la piscine du collège avant mon périple (soyons fous) et j’ai pris un vrai petit dej sur les tables extérieures du collège, non sans m’être fait avertir par le taulier du café qu’il fallait faire attention aux gabians, particulièrement agressifs. Tiens, ça me rappelle vaguement le Cercle…
(jour 2) Premiers pas à Dublin
Ce deuxième jour aurait aussi pu s’appeler « punaise c’est moche de vieillir », mais on ne va pas faire 10 jours sur le sujet, sinon ça va vraiment trop ressembler à « And just like that », la mauvaise suite de Sex and the City 20 ans plus tard. Quand je pense que j’ai pris mon maillot, mon bonnet et mes lunettes pour aller nager : qu’est-ce que je rigole…
(jour 1) Punaise, c’est moche de vieillir…
Mon avion décollait à 16h30 : au moins, pas de stress au réveil, c’était déjà ça. Si c’est pas une réflexion de vieux, déjà, ça… Sauf que je me suis quand même réveillée à 8h30 pour boucler tout ce que j’avais à boucler et comme au final c’était pas grand-chose, ben c’était long. Mais il est passé où le temps où je torchais une valise en 10mn ? Est-ce que par hasard pour partir à 13h00, ca n’aurait pas valu le coup de faire une grasse matinée, à profiter que Le Chat ne me réveille pas à 5h pour aller chasser le rien sur la terrasse…
Connemara – les préparatifs
Pour des raisons évidentes, je ne préciserai pas les dates de départ et d’arrivée, mais j’ai d’ores et déjà réservé mes vols et mes hôtels…













